Avec le départ prévisible des propriétaires d’entreprise à la retraite, un nombre grandissant de gens d’affaires ou de cadres souhaitent faire l’acquisition d’une PME en vue de la faire progresser.
La recherche de la perle rare exige une quantité de temps et d’énergie, et le candidat à la reprise doit être bien préparé afin d’éviter les pièges traditionnels qui mènent au néant, ou à la catastrophe.
Nous sommes souvent confrontés à des histoires plus ou moins heureuses, mais, les plus belles réussites de reprises ont été réalisées à la suite d’une analyse approfondie, et… sans émotions.
Étude approfondie
Avant de faire l’acquisition, il est nécessaire de bien étudier la situation financière de la cible, de déterminer les éléments créateurs de valeur, et définir les priorités pour arriver à ce but.
Cela nous permet de mettre en place des outils de mesure pour évaluer le risque en fonction du rendement, et par aussi d’estimer le temps nécessaire pour intégrer cette organisation.
Les cas malheureux les plus fréquents sont vécus par des acquéreurs qui ont été saisis par l’émotion sans véritablement prendre le temps de s’informer sur les perspectives de croissance, sur les véritables raisons de la vente, sur l’état général de la compagnie. C’est généralement ce qui fait la différence entre une acquisition qui va générer moins de 5 % de rendement par rapport à une autre qui va rapporter plus de 15 % par an.
Le prix est un élément déterminant de la volonté du vendeur d’aboutir à une transaction, et l’acquéreur doit être en mesure d’obtenir les raisons d’un prix supérieur à la valeur de marché.
L’évaluation d’une entreprise est fonction de sa capacité à générer des flux monétaires futurs, et une connaissance approfondie du marché nous permet de clarifier certaines propositions.
Croissance future
Cependant, bien que le passé ne soit pas garant de l’avenir, une projection future de l’entreprise avec une croissance forte devra être expliquée si la croissance passée a toujours été faible. À titre d’exemple, nous avons analysé un mémorandum de vente d’entreprise qui affichait une croissance prévisionnelle de 18 % (non justifiée par des actions concrètes), alors que les 10 dernières années n’avaient pas été supérieures à 10 %. Par conséquent, la valeur proposée était établie par rapport aux critères prévisionnels, ce qui gonflait sa valeur réelle, et diminuait drastiquement le rendement de cet investissement potentiel.
Il est important de faire une étude approfondie sur les ventes, les coûts (directs et indirectes), les rendements, les dettes, les contrats… Mais aussi les éléments qualitatifs comme la réputation de l’entreprise, la mobilisation des employés, le degré d’innovation de l’entreprise, les avantages compétitifs…
Dans le cas où vous possédez déjà une entreprise, l’acquisition est-elle l’option optimale de croissance ? Les expériences d’acquisition ou de fusion sont plus ou moins heureuses en autant que les économies de synergie soient réalistes et applicables rapidement. La perspective de fusion de deux cultures peut être catastrophique si aucune planification sérieuse n’est faite. Plusieurs entreprises ont du faire face à des situations de crise, en étant impuissantes aux départs de certains employés clés.
Conclusion
La tendance nous laisse entrevoir une accélération de acquisitions d’entreprises, et les opportunités vont se multiplier. Dans cette « chasse au trésor », il ne faut pas oublier que le rendement est l’élément moteur, et l’aspect émotif doit toujours être absent des décisions d’affaires. Le prix constitue l’élément clé déterminant le fait que l’entreprise sera une bonne affaire ou alors un véritable gouffre. Reprendre une entreprise s’apparente à une opération complexe, et cela ne s’improvise pas. La plupart des erreurs surviennent lorsque l’émotion prend le dessus sur la raison.
Le remède ? Constituer une équipe qui a les arguments pour tenir son point de vue, et surtout la capacité de dire NON lorsque les conditions d’acquisition ne sont pas optimales.
Denis Karpicek, MBA, post-MBA
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